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Phénomène engendré par le Web 2.0, le cyberlynchage a fait son apparition ces dernières années dans les cours de récréation, en témoigne la mésaventure de cette jeune adolescente américaine. Aujourd’hui, de nombreux cas concernent maintenant le corps enseignant. Zoom sur ce phénomène de société.

 

Du harcèlement virtuel

Le cyberbullying a fait son apparition sur les écrans de vos élèves avec le développement des forums, des blogs et autres supports du Web 2.0. Cette nouvelle forme d’agression est plus communément appelée cyberlynchage en France.

L’élève que nous avons été a certainement été confronté au phénomène du bouc émissaire au cours de sa scolarité : un(e) camarade de classe pris(e) pour cible par la majeure partie de la classe, voire de l’établissement dans certains cas. Aujourd’hui, ce phénomène existe toujours, il est décliné sous la forme de harcèlement virtuel sur la toile.

Le cyber lynchage consiste alors à insulter et à menacer une personne, sur messagerie instantanée, réseaux sociaux, blogs et autres outils communs du même genre. Cela inclut aussi de la diffusion de fausses rumeurs, voire des insultes par mail et SMS. Parfois la victime peut ne pas avoir connaissance de ces agissements puisque ses cyber-bourreaux peuvent répandre leurs insultes à son insu.

Les enseignants pris pour cible

Cette nouvelle forme, de délinquance ne touche pas seulement les élèves, de plus en plus de cas concernent les enseignants, comme nous le révélait Albéric Guigou :

«  [On se] moque entre amis d’un professeur […] c’est quelque chose que l’on voit assez souvent. Le professeur ne le sait pas forcément donc ça reste dans la cour de récréation. [Mais cela] apparaît dans Google. C’est-à-dire quand tout le monde y a accès. »

Sur Facebook, de nombreuses pages ont été créées par des élèves qui insultent copieusement leurs professeurs. Véritables défouloirs, ces pages sont visibles par tous à l’aide d’une simple requête depuis un moteur de recherche.

Faux profil pour un vrai délit

Nombreux sont ceux qui pensent être à l’abri de la législation en agissant sous un faux profil. Cependant personne n’est anonyme sur Internet : l’adresse IP permet de retrouver l’auteur d’un message injurieux si une plainte est déposée par la victime. La peine prévue par la loi est de douze mille euros d’amende en cas de diffamation d’un particulier sur Internet.

En France, les victimes peuvent porter plainte, pour harcèlement moral, diffamation, insulte ou usurpation d’identité. La CNIL invite les victimes à se faire connaître pour les aider à effacer les traces et les encourage même à porter plainte auprès du procureur de la République.

Nos recommandations

  • En tant que professeur, vous pouvez faire l’objet de tels agissements, pour le savoir : tapez votre nom régulièrement sur différents moteurs de recherche. Vérifiez les résultats les plus pertinents.

 

  • Si vous êtes victime de cyberlynchage, nous vous conseillons de copier les messages en faisant une impression d’écran, d’alerter les administrateurs du site concerné et de signaler le cas à la CNIL. Vous avez la possibilité de porter plainte en transmettant ces impressions d’écran aux autorités compétentes.

 

  • Sensibilisez vos élèves aux risques judiciaires encourus en cas de cyberlynchage. Vous pouvez également faire appel à des professionnels en la matière pour intervenir dans votre établissement. Devant l’ampleur du phénomène, des officiers de gendarmerie effectuent régulièrement des interventions scolaires.