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Albéric Guigou a fondé Réputation Squad avec Fabrice Ivara en janvier 2009, une agence gérant la réputation virtuelle ou eRéputation d’entreprises et de particuliers.  Ce spécialiste de l’image sociale sur le Web a accepté de nous rencontrer afin de vous éclairer au sujet des empreintes laissées sur le Web par vos enfants. Aujourd’hui, A. Guigou vous explique ce qu’est l’eRéputation et comment mieux protéger les données personnelles de vos enfants.


Tout d’abord, pourriez-vous nous expliquer qu’est-ce qu’une e-réputation?

Une e-réputation, c’est l’idée que l’on va se faire de vous en terme d’image en tapant votre nom et votre prénom, principalement dans Google qui est le moteur de recherche archi dominant en France. A partir de ces résultats-là, on va voir différentes choses vous concernant et on peut se faire une idée de qui vous êtes.

Comment  procédez-vous au nettoyage d’une e-réputation qui est mauvaise?

Effectivement, parfois il y a des résultats qui ne vous conviennent pas pour différentes raisons, soit parce qu’ils sont faux, soit parce qu’ils sont insultants, soit parce qu’ils sont complètement obsolètes ou qu’ils ne devraient pas être là puisqu’ils dévoilent des données personnelles vous concernant. Dans ce cas là, on va d’abord mener une enquête pour identifier qui héberge le contenu, qui a mis ce contenu en ligne. et ensuite on va intervenir par la voix de la négociation, ou de la négociation précontentieuse, c’est à dire avec des arguments juridiques forts, pour faire supprimer ce contenu.

Pensez-vous que les réseaux sociaux protègent assez, par défaut, les utilisateurs ?

C’est une question très vaste puisqu’ils les protègent bien à certains niveaux, moins bien à d’autres. Ce qu’il faut voir, c’est que la plupart de ces réseaux sociaux sont des entreprises assez jeunes donc ils ont une croissance extrêmement rapide. Par exemple Facebook, en quelques années, est passé de zéro à plusieurs centaines de millions d’utilisateurs. Et donc l’aspect modération, l’aspect prise en compte juridique ne suit pas toujours la croissance du nombre d’utilisateurs ; on peut se retrouver avec des situations difficiles, des usurpations d’identité, des effets de masse où l’on va calomnier, insulter et diffamer une personne. Donc à ce niveau là, les réseaux sociaux sont dans la réaction et pas dans l’anticipation.

Quels conseils donneriez-vous à des parents inquiets de voir inscrits leurs enfants sur des réseaux sociaux?

Le premier des conseils serait de ne pas les empêcher d’y aller à partir d’un certain âge. Sauf pour les plus jeunes, bien sur. Au tout début on peut les prévenir qu’on aura aussi accès à leur profil, leur photos et à leur e-mails pour les aider à aborder cet univers.

Et ensuite quand ils sont plus grands, quand ils sont adolescents, vous leur donnez quelques conseils de base qui sont d’éviter de mettre des choses en ligne, que ce soit des vidéos, du texte, des images qu’ils ne pourraient pas assumer plus tard. Cela ne veut pas dire qu’on ne doit rien mettre. L’on peut mettre en ligne des moments de loisirs, l’on peut même montrer des photos de soirées. Ce n’est pas un problème, les gens doivent être capables de comprendre que l’on a une vie professionnelle et une vie privée.

Mais en revanche, il faut les prévenir que certaines choses peuvent avoir de ses implications sur le long terme. Des implications juridiques, par exemple,  des insultes de profs, cela peut avoir des conséquences. S’il menace un autre élève, cela peut avoir des conséquences. S’il dévoile trop de son intimité, cela peut se retourner contre lui etc. etc. Il faut vraiment que les parents aient vraiment un rôle d’éducateur, de pédagogue là dessus. Les réseaux sociaux font partie de notre quotidien, il faut apprendre à vivre avec et à les gérer intelligemment. Comme on a appris à gérer le téléphone à une autre époque. On apprenait à ses enfants à ne pas appeler n’importe qui, à ne pas menacer la maitresse à son domicile. Là c’est la même chose avec les réseaux sociaux, il faut apprendre à les utiliser de manière civilisée, responsable.

 

Retrouvez la suite de l’interview et la fin sur Par le Bout du Net, en attendant, si vous avez besoin d’un complément d’information ou si vous souhaitez poser d’autres questions à Albéric Guigou, n’hésitez pas à nous contacter par le biais des commentaires.